Les “intérêts”, pourquoi les interdire en Islam ?!

Publié le par soussou


                     Les “intérêts”, pourquoi les interdire en Islam ?!

 

   DIEU -Le Très Haut et Louage à lui - dit dans le Saint Coran : « Ceux qui mangent [pratiquent] de l'intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu'ils disent: ‹Le commerce est tout à fait comme l'intérêt› Alors qu'Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu'il a acquis auparavant; et son affaire dépend d'Allah. Mais quiconque récidive... alors les voilà, les gens du Feu! Ils y demeureront éternellement ». [1] 

  D’après Jabir Le messager de dieu  - la paix et les bénédictions de dieu soient avec lui-  a dit : « Maudit  le mangeur des intérêts [pratiquant], qui les fait générées, celui qui les écrits [dans un contrat] et leurs deux témoins. Et dit ils sont semblables ». [2] 

Définition :étymologiquement, A-RIBA (l’intérêt) signifie (dans l'origine du mot en arabe)  l’addition. Et au niveau canonique (charia) A-RIBA  signifie: le supplément à la créance et c’est ce qui est connu dans le domaine financier par la « Capitalisation ». 

  Les intérêts (A-Riba) sont illicites dans toutes les religions révélées et sont défendus par le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. L’ancien testament reflète aussi ce jugement : « Si tu prêtes de l’argent à l’un des fils de Chaibii, ne prends pas la position du créancier, n’exiges pas de lui des intérêts ».  [3]

De même, dans le nouveau testament: « si vous prêtez [l’argent], pourquoi attendez-vous la récompense, et quelle gratitude vous aurez ? Par contre, faites du bien et prêtez sans attendre en retour des récompenses et donc vous serez amplement gratifiés ». [4]. Dans ce sens, toute l’église s’est mise d’accord, de manière catégorique, sur l’aspect  prohibé des « Intérêts » (A-Riba).

les répercussions négatives des « Interêts» (A-Riba) sur la l ’economie, la société et l’individu

 Les répercussions psychologiques et morales  

DIEU -Le très haut- a légiféré la valeureuse religion pour ses serviteurs [les humains] sur la base de la véritable bonne soumission (la soumission à dieu), qui les amène à graduer vers de hauts niveaux d’autosatisfaction.

Par conséquent, Ceci leur permet de se libérer de l’esclavage matériel et se  contenter de la soumission et l’inclination à DIEU - le DIEU de toutes les créatures- en purifiant l’âme de toute sorte d’immoralité et de mauvaise foi.

Manifestement, l’Islam veut purifier l’âme profonde de l’être humain et ses actions visibles. En effet, les législations de l’Islam ont surtout comme cible ces deux dimensions. Le saint Coran, dans ce sens, les a surélevé au stade de la purification :

« Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis, et prie pour eux. Ta prière est une quiétude pour eux. Et Allah est Audient et Omniscient ». [5]

De même, DIEU – le Très Haut- a juré sept fois dans la sourate de « A-Chamss » que le victorieux est celui qui a purifié son âme et le perdant est celui qui la corrompt : « A réussi, certes celui qui la purifie ». [6]

Dans ce contexte, la pratique des intérêts ou A-Riba est l’une des actions qui dévie et écarte l’individu de la bonne voie et des bonnes mœurs ; ceci est surtout parce que celui qui les pratique devient l’esclave de l’argent et essaye de le récolter par tous les moyens en écrasant toutes les bonnes valeurs de la conduite et les limites existantes entre le licite et l’illicite.

Ceci dit, Il est clair que A-Riba forge dans l’âme l’amour excessif et maladif de l’argent, la paresse et l’avarice qui se comptent, justement, parmi les maladies psychologiques qui pervertissent l’âme.

De ce mode et comme il est signalé,  A-Riba accroît l’avarice qui génère automatiquement la paresse et la peur de la prise de risque. En effet, le pratiquant d’A-Riba fuit toujours la prise de risque et se contente de laisser son argent entre les mains du « redevable » pour le fructifier et l’investir en attendant « passivement » les récoltes sans faire partie du processus productif. C’est ainsi, qu’il se transforme, sans aucun doute, en une charge non productive pesant négativement sur la société active.

 Si on médite le 39ème verset de la sourate d’Aroume du Saint Coran, on trouve qu’elle relate et reflète ce qui vient d’être avancé : « Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens au dépend des biens d'autrui ne les accroît pas auprès d'Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la Face d'Allah (Sa satisfaction)... Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées ». [7]. Il se note, donc, à travers ce verset que le pratiquant d’A-Riba reste « inactif » et souhaite gagner au dépend du travail des autres.

 Le Coran a décrit,  le pratiquant d’A-Riba comme suit : « Ceux qui mangent [pratiquent] de l'intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu'ils disent: ‹Le commerce est tout à fait comme l'intérêt› Alors qu'Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu'il a acquis auparavant; et son affaire dépend d'Allah. Mais quiconque récidive... alors les voilà, les gens du Feu! Ils y demeureront éternellement ». [8]

A l'avenant, DIEU -le Très Haut- affirme qu’il stérilise les profits ayant pour source « les intérêts » et leur inflige l’anéantissement. Dans ce sens DIEU -Louage à lui- dit dans le Saint Coran :  

« Allah anéantit l'intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes. Et Allah n'aime pas le mécréant pécheur ». [9]

De ce fait et toute chose dite par ailleurs prises en considération, A-Riba génère des effets psychologiques et caractérologiques négatifs et aigus. Certains psychanalystes voient dans les troubles économiques qui occasionnent l’amour excessif à l’argent, une immense source génératrice de troubles et maladies cardiaques qui se manifestent surtout par l’hypertension aiguë, les crises cardiaques, l’hémorragie cérébrale ou encore la mort subite.

Pour ceci, le chef de service de médecine interne  en Egypte, le Docteur Abd Al Aziz Ismaail, a conclut dans son livre intitulé « l’Islam et la Médecine Moderne  » que A-Riba est une vraie source de la multiplicité des maladies cardiaques.

 L’errance  et l’instabilité des pratiquants d’A-Riba 

 Le Saint Coran décrit l’état (psychique et comportemental) du pratiquant des intérêts en le comparant à celui que le toucher de Satan a bouleversé. DIEU -le Très Haut-dit : « Ceux qui mangent [pratiquent] de l'intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu'ils disent: ‹Le commerce est tout à fait comme l'intérêt› Alors qu'Allah a rendu licite le commerce, et illicite l'intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu'il a acquis auparavant; et son affaire dépend d'Allah. Mais quiconque récidive... alors les voilà, les gens du Feu! Ils y demeureront éternellement ». [Souate Albakara, Verset 275]

  Etymologiquement le mot arabe « A-takhabot » (ondoiement ou encore agitation) signifie,   comme explique Anawawi -que dieu l’entoure de Sa miséricorde-, le frappement aléatoire. Le verbe dérivant de ce mot arabe, s’utilise aussi pour qualifier et décrire l’état d’une personne qui accomplit et entreprend des actions malsaines et qui n’arrive pas à détecter le droit chemin. C’est aussi le qualificatif de la chamelle qui souffre de la myopie [11]    

C’est dans ce contexte que vient justement la partie du verset « comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé », ceci parce que satan appelle et pousse l’individu à courir après ses  impulsions et ses désirs tout en outrepassant les limites que DIEU –louage à lui- a tracé pour l’humanité. Celui qui se trouve dans cette situation et suit satan, passe toute sa vie en agitation, parfois il se laisse influencer par sa pression et parfois il suit le chemin de la droiture ou encore entreprend des actions perplexes et agitées. Ceci dit, c’est justement l’agitation qu’occasionne le « toucher de satan » (A-takhabot). [12]

 Cependant, je vois que cette agitation que touche le pratiquant d’A-Riba ne se limite pas à cet aspect que relate A-Razzi, mais le dépasse pour être un état perpétuel à sa dimension  psychologique, comportemental et caractérologique.

Les répercussions d’A-Riba (les intérêts) sur les sociétés humanitaires

 La société humanitaire ne pourra être crée que s’ils existent de fortes relations entre ses membres, qui se basent sur l’amour fondé sur le collectivisme, la charité, la solidarité et l’existence d’une source d’amour, d’altruisme et de fraternité entre eux.

 Les membres de la société qui ne sentent pas de la peine et qui ne se voient pas affecter par les difficultés et les crises de leurs frères (« frères » est une métaphore utilisée pour désigner les membres de la même société) sont comparés à l’organe handicapé qui a perdu toutes ses facultés sensorielle et qui s’est coupé de toute communication avec le reste du corps ou encore comme la bête qui tourne autour de moulin, Ceci parce qu’ils n’agissent que pour leurs propres intérêts et donc ne tournent qu’autour de leurs propres besoins.

 De ce mode, ils ne se préoccupent ni des peines des orphelins, ni des difficultés des veuves et ils ne voient dans les pauvres qu’une belle opportunité pour gagner plus d’argent et donc les priver de ce qu’ils leur reste.

 C’est ainsi, que dans certaines périodes de l’Histoire, la dureté et l’inhumanité des pratiquants        d’A-Riba les ramenèrent à faire des gens, qui n’arrivaient pas à acquitter leurs dettes entachées des intérêts, leurs esclaves. Ceci fut justement le comportement d’ Abou Lahab, qui obligea AL-Ass d’aller à BADRR à sa place parce que ce dernier lui était redevable.

 Comment pourrait donc une société jouir de la stabilité si les pratiquants d’A-Riba s’y accroissent?  Et comment pourrait se développer le sens de collectivisme dans une société qui pratique ce système où le fort écrase le faible.. ?

 Comment veut-on que ceux qui versent les intérêts aiment et chérissent ceux qui les en privent (les créanciers) ? ce qui en réalité s’étend dans ce genre de sociétés est surtout la haine, la rancune et l’antipathie et des  personnes qui expriment de l’amertume et  de la malveillance et pourraient aller de la simple prière pour que dieu anéantisse ces personnes malsaines à l’organisation de vraies révolutions enragées.

Le Mraghi – que dieu le fait rentrer dans sa miséricorde- dit : «  A-Riba génère la haine, l’antipathie, la rancune et les conflits et enlève le sentiment d’altruisme des cœurs, ce qui par conséquent fait disparaître le mutualisme entre les gens et fait prendre la dureté la place de la miséricorde, au point que le pauvre pourrait mourir de faim et ne trouverait point qui pourrait lui donner de quoi la faire taire. C’est pour ceci que la société qui pratique A-Riba rencontre des problèmes sociaux ; il est très fréquent que les employés ou d’autres personnes se tournent contre les détenteurs de capitaux ou déclarent les grèves. En effet, il se note que depuis que A-Riba s’est étendu en Egypte, il a baissé le sens de solidarité, d’altruisme et de confiance mutuelle entre les gens, l’individu ne prête de l’argent qu’avec un contrat et en la présence de témoins, 

alors que jadis les gens se faisaient complètement confiance -même avec un étranger- et sans problème, parfois, jusqu’au point que le créancier n’en parle à personne de son prêt. De même le créancier, pour récupérer son argent, n’avait pas à recourir à des juges ou à des tribunaux ». [13]

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