notre prophète (saw)

Publié le par soussou

Allah - Exalté soit-Il - nous a dit :

En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. [Sourate 33: Les coalisès (Al-Ahzab) verset 21]
 

Son Nom, Son Origine,

Son Pays, Son Enfance...

 

Son Nom...

Mohammed - que la Paix et le Salut soient sur lui - , un nom qui illustre parfaitement la personnalité de celui qui le porte; un emblème sur un symbole et une qualification d'un guide; il a réuni en lui toutes les éloges et a obtenu toutes les noblesses; il a accaparé toutes les vertus morales, il s'est distingué par la prééminence et il est le seul à constituer un modèle idéal.


II est loué auprès d'Allah
- Exalté soit-Il - car il est Son Envoyé infaillible, son Prophète qui a clos le cycle prophétique, Son serviteur vertueux, Son élu parmi ses créatures et Son ami parmi les habitants de la terre. Il est aussi loué parmi les gens, car il est proche des coeurs, cher aux âmes, il est une miséricorde guidante et un bienfait généreux. Il est honoré là où il se trouve; il est entouré de la protection divine là où il sera; il est comblé d'égards là où il va et là où il met les pieds; ses dispositions naturelles sont louées car elles ont été éduquées par la révélation, et son caractère est ennobli car il a été poli par la prophétie.

Allah - Exalté soit-Il - est loué et Son Messager - que la Paix et le Salut soient sur lui - est digne d'éloges :

« Il lui a attribué une portion de Son nom afin qu'il soit vénéré;
Le possesseur du Trône est loué et lui est le digne d'éloges »

 

Il s'appelle Ahmed (le loué) ; Jésus ( Issa ) - que la Paix soit sur lui -  a annoncé sa venue à son peuple; il s'appelle aussi «El-'Akib» (celui qui vient après) , «El-Hâchir» (celui qui rassemble les gens) et « El Mâhî» (celui qui efface) . Il est le sceau des messagers et le meilleur des prophètes; il est leur orateur lorsqu'ils sont réunis et leur guide lorsqu'ils sont rassemblés.

Il est le possesseur du Hawdh (le vasque dans lequel boiront les bienheureux) , de l'étendard victorieux et du rang éminent; il est aussi le possesseur de la noblesse et de l'auréole; il est celui qui est cité dans la Thora et l'Évangile, l'assisté de Gabriel - que la Paix soit sur lui - , le porteur de l'étendard de la gloire au sein des enfants de Louaï et de la place éminente au sein des 'Abd Manâf Banû Quçaï . Il est le meilleur que le coeur ait évoqué; il est l'élite des cités et des campagnes; il est le plus considéré des réformateurs et des guides. Il a un rang éminent; il est celui dont la poitrine a été dilatée; celui dont l'énonciation du nom est sublimée; celui dont le commandement est majeur; celui dont la reconnaissance vis-à-vis d'Allah - Exalté soit-Il -   est constante; celui dont la victoire était assurée; celui qui est préservé des péchés; celui qui est honoré en tout temps et célèbre en tous lieux; dans la dignité du temps, la prodigalité de la mer et la générosité de la pluie .

Que les prières et les salutations d'Allah soient sur lui, sur sa famille et ses compagnons tant que les étoiles apparaissent, que les oiseaux chantent, tant que la brise se lève le matin et tant que les voyageurs se déplaceront la nuit et le jour.
 

Quant à son origine...

Le Messager d'Allah - que la Paix et le Salut soient sur lui -   est l'élu parmi les élus ; à sa parenté, remontent tous les nobles; il est issu d'une noble extraction; ses parents étaient les maîtres des gens et ses ancêtres les chefs des tribus; ils ont réuni toutes les vertus transmises de père en fils et ont accaparé toutes les choses nobles; tu ne trouveras, pas, en effet, dans les caractéristiques de 'Abd El-Muttalib plus illustre que lui, ni dans le siècle de Hâchem plus noble que lui, ni dans les contemporains des 'Abd Manâf plus généreux qu'eux ni dans l'avant-garde de Quçaï plus glorieux que lui. Et ainsi de suite... jusqu'à Adam - que la Paix soit sur lui - . Il est le maître issu d'un maître qui transmet la noblesse de père en fils:

«Une généalogie auréolée de la lumière du soleil de la matinée;
et dont l'aube naissante constitue le pylône».



Première Mère des Croyant(e)s

  •                    
  • as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle -

 

 

« A cause du pacte des Quraysh, de leur pacte (concernant) les voyages d’hiver et d’été. Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Ka’ba), (Lui) qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte ! » Sourate 106 : Koraïsh.
Ces versets nous renseignent sur le commerce que les Mecquois entretenaient en hiver et en été, tantôt vers la Syrie et tantôt vers Le Yémen.  Le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – avait entrepris ce voyage avec son oncle alors qu’il était encore un tout jeune enfant. A l’âge adulte, Il avait été engagé par as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle -, riche commerçante de La Mecque. Celle-ci avait entendu parler de son sérieux et de sa probité. Elle connaissait la valeur des hommes d’abord parce qu’en commerçante avisée, elle traitait des affaires avec eux et, ensuite, elle avait été mariée deux fois. Ses époux morts, elle demeura veuve.


Elle avait donc fait appel au Prophète
– que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – pour conduire ses caravanes au nord et au sud de la Péninsule arabique.


Ainsi, le temps s’écoulait à La Mecque jusqu’au jour où as-sayyida Khadîja
- qu'Allah soit satisfait d'elle - s’était confiée une amie Nafîsa Bint Muniyyah. Elle lui avait manifesté son désir d’épouser le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –. Ce fut ainsi que cette amie avait fait les démarches nécessaires et avait obtenu le consentement du Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –.


Le mariage avait été célébré en présence des familles et des amis. Les deux conjoints avaient ainsi vécu pendant quinze ans avant que la révélation ne provienne d'Allah
- Exalté soit-Il -.


Muhammad
– que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – avait reçu la révélation la nuit de la destinée (laylatu-l-qadri). Allah - Exalté soit-Il - avait choisi en lui le dernier des messagers. Cet événement allait non seulement changer la vie de La Mecque mais aussi de toute l’humanité. La mission, pour laquelle il avait été désigné, était une charge difficile et pénible dans ce milieu mecquois, plongé dans l’idolâtrie et vers lequel convergeaient toutes les autres tribus de la Péninsule arabique. Celles-ci venaient chaque année en pèlerinage et se rassemblaient autour de la Ka’ba. Cette Maison antique était devenue le centre de l’idolâtrie depuis de longs siècles.

Muhammad – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – fuyait cette adoration et aimait se réfugier annuellement dans la grotte de Hira. Là, il réfléchissait au mystère de l’univers, en observant son étendue à travers l’immensité du désert et la lumière du ciel étoilé. Il sentait qu’il y avait, derrière et au-dessus de ces espaces, une Force invisible qui les organisait et les gérait. C’était, pensait-il, grâce à cette Autorité suprême, que le soleil ne rencontrait jamais la lune et que la nuit succédait continuellement au jour. Il demeura ainsi jusqu’à l’âge de quarante ans.


Entre temps, as-sayyida  
- qu'Allah soit satisfait d'elle - encourageait l’isolement périodique de son époux, lui apportait tout son soutien et veillait certainement sur sa sécurité.


Quant le Prophète
– que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – avait connu la frayeur et doutait de ses facultés mentales, à cause de l’apparition surnaturelle de l’archange Gabriel - Que la Paix soit sur lui -, c’était vers as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle - qu’il se réfugia et se confia. Aussi était-elle pour lui d’un grand secours et d’un immense réconfort. C’était auprès d’elle qu’il ressentait la tranquillité et la paix de son esprit. C’était auprès d’elle qu’il s’armait de patience et reprenait courage car les jours de repos étaient terminés puisque l’ange Gabriel - Que la Paix soit sur lui - lui transmis cet ordre du Seigneur de l’univers : Lève-toi et avertit les gens. Appelle-les à n’adorer qu'Allah - Exalté soit-Il - et Lui seul.  Mais à qui  allait-il faire appel et qui répondrait à son appel ?


Conformément aux instructions reçues d'
Allah - Exalté soit-Il -, le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – commença sa prédication en appelant les membres de sa famille, voire même ses proches amis,  à embrasser l’Islam. Il va de soi que cette adhésion devrait regrouper les hommes et les femmes sincères et honnêtes. L’appel a été entendu par une poignée de personnes que l’ambition et l’orgueil n’effleuraient pas l’esprit.


As-sayyida Khadîja
- qu'Allah soit satisfait d'elle -, l’épouse du Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – a été la première musulmane de l’histoire. Dès le premier instant, elle sut que sa vision dans la grotte de Hira était le prélude de sa mission prophétique. Elle ne se borna pas seulement à croire au Message, dont Muhammad sera porteur, mais elle lui apporta son soutien moral et matériel. As-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle -, femme énergique et douée de bon sens, avait la manière d’apaiser les angoisses de son mari et de lui insuffler du courage quand elle sentait que son énergie faiblissait. Sa perspicacité lui laissait comprendre qu’un homme, aussi pur et aussi parfait que lui, ne pouvait pas être le jouet de manoeuvres sataniques.


Des êtres vertueux de sa trempe ne pouvaient pas être abandonnés par
Allah - Exalté soit-Il -. Ils ne pouvaient s’attendre à aucune défection de la part de leur Créateur et de toutes les personnes qui éprouvaient pour eux de forts sentiments d’amitié. Or, as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle - insistait auprès de son époux pour lui expliquer qu’il appartenait à cette catégorie d’hommes que le Tout Puissant n’abandonnent pas à leur sort, et que les amis bienveillants et chaleureux ne le délaisseront pas dans les moments si critiques soient-ils.


- Certes, jamais Allah - Exalté soit-Il -, lui dit-elle, ne t’infligera d’affronts, car tu es uni avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours les hôtes des vicissitudes du droit ».
 

Ibn Sa’d précisa que tous les Compagnons étaient unanimes à affirmer que as-sayyida Khadîja Bint Khuwaylid - qu'Allah soit satisfait d'elle - a été la première personne à prêter foi en la mission du Sceau des envoyés – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –. Ibn al-Athîr, entre autres, le confirma en ajoutant qu’aucun homme ou aucune femme ne l’a précédée. La mère des croyants a été, de ce fait, la première à accomplir la prière derrière le Messager de l’Islam.


As-sayyida Khadîja
- qu'Allah soit satisfait d'elle - avait une haute conscience des événements et des problèmes du milieu où elle vivait. Elle était au courant des discussions que des gens tenaient entre eux au sujet de la venue d’un prophète. Elle était informée de cette attente et des circonstances de sa manifestation. C’est pourquoi, elle n’était pas étonnée d’entendre son mari expliquer ce qu’étaient la révélation et la mission prophétique.


Elle n’était donc pas ni surprise ni étonnée de l’événement survenu dans la grotte de Hira. N’importa quelle autre femme, semble-t-il, aurait été ahuri et envahie de peur si son époux serait venue lui apprendre l’apparition de l’ange Gabriel
- Que la Paix soit sur lui - et lui narrer les faits qui l’avaient secoué tant physiquement que moralement. Aussi, as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle -, sereinement, a-t-elle accueilli la bonne nouvelle en ces termes :

- Reçois la bonne nouvelle, ô fils de mon oncle, et tiens-toi fermement à elle. Je jure par Celui qui détient l’âme de Khadîja dans Ses mains, j’espère que tu seras le Prophète de ce peuple ».


As-sayyida Khadîja
- qu'Allah soit satisfait d'elle - n’était pas la seule femme de se tenir au courant des événements qui prévalaient au sein de sa société. Son exemple, rapporté par les historiens, indique que, d’une manière générale, la femme de cette époque n’était recluse, enterrée entre quatre murs, ignorante des dires et des faits de son environnement. Bien au contraire, il montre que la gent féminine se préoccupait des affaires qui se déroulaient autour d’elle. Il ne serait pas exagéré d’affirmer que la formation de son esprit et de sa conscience lui offrait l’occasion de saisir toutes les opportunités, de faire des choix et de prendre des décisions sages et sensées.

La particularité de as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle - était une femme vertueuse, loin des pratiques idolâtres.  Elle appartenait certainement à ce groupe de Hunafâ (pluriel de hanîf) qui suivait la religion d’Abraham, le père des croyants. Elle en donna la preuve en soutenant l’ascétisme de son mari qui, chaque année, s’isolait dans la grotte de Hira pour s’adonner à la méditation.


C’était elle qui lui préparait ses provisions quand il descendait de cette montagne, le temps de les prendre et de retourner au même lieu. Elle-même participait parfois à ce rigorisme cultuel destiné au culte d'
Allah - Exalté soit-Il -, si nous nous référons à Wahb Ibn Kaysân, qui rapporta le témoignage de ‘Ubayd Ibn ‘Umayr Ibn Qatâda ak-Kaythî : « (Muhammad) alla à Hira, comme il avait l’habitude de le faire, accompagné de sa femme (ahlihi) ».


De la même manière qu’elle le secondait dans l’approvisionnement des pauvres en nourriture, elle recevait aussi les hôtes devant lesquels son époux ouvrait largement les portes de sa maison. Son comportement renforce la conviction de ceux qui déclarent qu’elle avait adhéré, en son temps, à l’idée de l’existence du Dieu Unique, sans aucun associé, Tout Puissant, Créateur des hommes et des mondes.


Il est probable que, du moment qu'
Allah - Exalté soit-Il - choisit Muhammad pour en faire Son Messager et le prépara à cet effet, Il lui donna, par la même occasion, une épouse qui, en refusant le culte des idoles, était disposée à accueillir favorablement la révélation divine. C’est ce qui expliquerait pourquoi, lorsque son mari revint de la grotte de Hira, tout tremblant de frayeur à la suite de la gigantesque vision de l’archange, elle ne s’émut pas. Elle ne fut point bouleversée. Au contraire, elle comprit ce qui s’était produit. Mieux encore, elle ne douta pas un seul instant de sa narration mais crut en elle sans aucune hésitation ou suspicion.

Quand elle lui dit qu’il n’avait pas à redouter quoi que ce soit car il entretenait de forts liens familiaux et était généreux, dénotait la pureté de ses intentions et la perfection de son jugement. En le décrivant comme ayant de hautes vertus morales et comme un défenseur de la vérité,  elle résumait, en seule expression, une des perspectives de sa mission.


Quoi qu’il en soit, as-sayyida Khadîja
- qu'Allah soit satisfait d'elle - avait une forte personnalité. Elle était sûre d’elle-même et convaincue en ce qu’elle croyait. A ce sujet, elle était honnête et sincère avec ses idées. C’est dire que ce n’était pas la présence de son mari auprès d’elle qui influença sa pensée. Elle n’avait pas été charmée par la personnalité du Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – au point de dire qu’elle n’avait fait qu’imiter et copier son comportement. Cet épisode montre qu’elle savait elle-même prendre des initiatives sans attendre des instructions de son époux : elle tenait à vérifier si l’apparition était un ange.

Selon al-Bayhaqî, as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle -, afin de tester la sainteté de l’apparition, dit à l’Envoyé d'Allah – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – :

- Ô fils de mon oncle !

Peux-tu m’informer du moment ou ton compagnon t'apparaîtra ?

Ainsi, alors que le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – se trouvait chez Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle -, l’archange Gabriel - Que la Paix soit sur lui - se manifesta à lui. Il en avertit son épouse car il le voyait distinctement. Ce qui n’était pas le cas de son épouse. Celle-ci lui demanda de s’asseoir à sa droite et lui demanda s’il continuait à le voir. En effet, l’apparition se maintenait.


Puis, elle lui demanda une autre fois de poser sa tête sur ses genoux. La vision ne quittait toujours pas l’intérieur de la maison.


Ensuite, elle ôta le foulard qui couvrait sa tête, laissant ses cheveux à l’air libre, ce qui était un geste d’intimité qui détournerait le regard de toute personne pudique. Devant une telle scène, l’archange s’éclipsa aussitôt. Ce fut alors qu’elle dit :

- Ce n’est pas un démon.

C’est bien un ange qui se montre à toi, ô fils de mon oncle !.

Il n’y avait plus aucun doute dans l’esprit de as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle -. Son époux était bien l’Envoyé d'Allah et l’ange Gabriel le transmetteur du Message divin.


Certes, as-sayyida Khadîja
- qu'Allah soit satisfait d'elle - avait une totale confiance en son mari. Cependant, ce n’est pas seulement ce crédit qu’elle lui portait qui l’amena à embrassa la religion d'Allah - Exalté soit-Il -. La cause profonde de cette adhésion était sa conviction que la religion communiquée au Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – était celle de la droiture et de la rectitude, celle qui suivrait en droite ligne la guidance spirituelle et morale d’Abraham.

Cette évidence la conduisit à faire confirmer ce qu’elle avait entendu de la bouche de son époux auprès de Waraqa Ibn Nawfal - Qu'Allah soit satisfait de lui -. Cet homme, âgé et d’une grande piété, était versé dans les questions religieuses. Il était aussi attentif à la venue d’un nouveau prophète.


Après lui avoir exposé tous les détails des événements vécus par son conjoint, le vieillard, d’un ton posé et bien assuré de ses paroles, répondit :


- Ô Khadîja ! Si tout ce que tu viens de me dire est absolument véridique, sache que c’est que le grand Nâmous (l’archange Gabriel) qui est venu... (Muhammad) est certainement le prophète de ce peuple. Dis-leur de s’en tenir fermement.


Aussitôt, as-sayyida Khadîja
- qu'Allah soit satisfait d'elle - retourna chez elle, confiante et assurée de ce qu’elle vient entendre. Elle en informa le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –.

Le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – ne pouvait pas rester insensible devant la foi aussi profonde que forte de son épouse. La vigueur du caractère de cette dernière exerçait chaque fois une attraction positive sur le moral de l’Envoyé d'Allah - Exalté soit-Il -. Il en était ainsi chaque fois que son message sur l’Unicité d'Allah rencontrait des obstacles devant l’idolâtrie et l’associationnisme de son peuple.  Elle était toujours là quand les Qurayh manifestaient leur répugnance et leur agressivité aux versets du Coran et quand, injustement, ils le traitaient, lui, de menteur. Elle dynamisait son ardeur et dissipait sa tristesse quand il revenait à la maison, l’air abattu par tant d’obstination et de résistance farouche.


Le Prophète
– que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – se réjouissait, chaque fois, de voir que sous son toit, il y a avait constamment quelqu’un pour supporter sa mission, le soutenir dans ses activités si ardues et stimuler sa volonté.


As-sayyida Khadîja
- qu'Allah soit satisfait d'elle - n’a pas été la seule femme à embrasser l’Islam à La Mecque. D’autres femmes avaient donné leur adhésion. Cependant, l’histoire n’en parle qu’au passage, sans apporter des détails sur le procédé de leur attachement à la religion qui prônait le tawhîd dans un milieu miné par l’idolâtrie. Par contre, à Médine, les historiens parlent abondamment de ces femmes représentées par Umm Salîm. En dehors de ce cas, les livres historiques sont, malheureusement, avares en matière d’information à leur sujet.


Nous pouvons dire qu’à travers la première épouse du Prophète
– que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –, nous avons un modèle de la mentalité de la femme arabe et de sa capacité de faire un choix libre et conséquent. Il n’est donc pas exclu que d’autres femmes avaient fait montre de raisonnement et de jugement devant la révélation qui leur parvenait soit oralement, soit, par exemple,  sur des feuilles de palmier. Leur expérience de la vie mecquoise et leur conscience aigue constituaient une source de volonté et de libre choix.

Nous avons, toutefois, un léger aperçu des souffrances endurées par certaines femmes au service de l’Islam. Leur patience et leur endurance expliquent que la croyance en la religion communiquée par le Sceau des envoyés – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – était solidement ancrée dans leur esprit et leur cœur. Ce n’était ni la raison, ni la conscience qui leur manquaient. Bien au contraire, elles n’avaient, en ce domaine, rien à envier aux hommes.

Quoi qu’il en soit, ce que l’histoire nous rapporte, c’est le cas de ces femmes qui ont adhéré à l’Islam avant leurs pères, leurs frères et leurs enfants. C’est encor là une autre preuve qui atteste que leur ralliement n’est pas la conséquence d’un suivisme religieux. En effet, leur inclination précoce vers la religion d'Allah était le produit de leur liberté, de leur volonté privée et de leur personnelle prise de conscience.

La vie entre les deux conjoints oscillait entre le haut et le bas mais plus souvent vers le bas, surtout le jour où les notables de Quraysh avaient décidé de camper le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – et sa famille en un endroit et d’organiser un blocus qui dura six mois. Quelques temps après, son oncle paternel Abû Tâlib Ibn ‘Abd al-Muttalib meurt. Celui-ci était son grand protecteur et son rempart contre l’autoritarisme des Quraysh. A sa suite, ce sera as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle -, son épouse bien-aimée, qui quittera définitivement le monde terrestre, laissant son époux, provisoirement, seul et sans compagne. Cette fois, on peut dire que le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – était totalement orphelin.

Ibn Ishâq a dit : « qu’elle était pour lui une sorte vizir de sincérité de l’Islam ».  Ce fut ce que les historiens appelèrent « L’année du deuil ».

Le souvenir de as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle - était si intense qu’un jour, à Médine, Hâlah, la sœur de la défunte arriva à Médine. Quand le Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – crut entendre sa première femme dans la cour de la maison, tant la voix de l’une ressemblait à l’autre.  Son cœur se mit alors à palpiter très fort.

Le corps de as-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle - avait disparu mais son souvenir demeura gravé dans le cœur du Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui –. Il eut pourtant d’autres épouses mais il n’oublia jamais la première d’entre elles. L’amour qu’il portait à Khadîja rendait d’ailleurs ‘Aïsha - qu'Allah soit satisfait d'elle - jalouse de tant de prévenance. Elle lui dit un jour :

- On dirait qu’il n’existe pas de femmes dans le monde en dehors de Khadîja ».

En une autre occasion, à la suite de certains reproches que ‘Aïsha - qu'Allah soit satisfait d'elle - ne manquait pas de lui faire chaque fois qu’il parlait de sa première épouse en termes élogieux, il lui dit :

- Par Allah, elle a cru en moi quand les gens se montraient impies. Elle a tenu pour vrai ce que je disais au moment où les gens me traitaient de menteur. Elle m’a secouru avec ses biens quand les gens m’en privaient. Elle a été la femme qui m’a donné un garçon .

 Depuis, ‘Aïsha - qu'Allah soit satisfait d'elle - ne parla plus d’elle pour ne pas remuer la plaie de son époux.

As-sayyida Khadîja - qu'Allah soit satisfait d'elle - mourut trois années avant l’Hégire. Rappelons que Muhammad – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – s’était marié quinze ans avant de recevoir la révélation. Il s’ensuit que ces quatre filles étaient nées pendant la période jâhilienne et trois d’entre elles étaient déjà mariées. Avant de parler d’elles, il est intéressant d’analyser brièvement la condition de la femme dans la société. Arabe.  Cela nous permettra de saisir la dimension des sentiments du Prophète – que la Paix et le Salut d'Allah soient sur lui – à l’égard de ses filles.
 



soubhan allah allah akbar

Commenter cet article